Outils de planification urbaine au Cameroun

 

art plan urbain

Au fil des années, de nombreux outils ont été mis en place pour gérer l’occupation des sols. Mais le manque de respect a des conséquences pour la population

L’explosion démographique est devenue ces dernières années une réelle préoccupation pour les grandes métropoles africaines et les grandes villes du Cameroun ne sont pas en reste. Cette croissance démographique galopante doublée d’un fort exode rural a entraîné un accroissement considérable des bidonvilles et de l’habitat informel. De ce fait, les procédures officielles d’accès à un logement décent et aux principaux services urbains deviennent un réel parcours de combattant. Même l’accès au terrain s’opère par discrimination des revenus. Les moins nantis négocient avec les autochtones en marge de la loi. D’où la création des quartiers non structurés. Au contraire, ceux qui disposent des revenus suffisants ont accès à des terrains aménagés et titrés. Au total, les populations urbaines pauvres sont poussées vers la périphérie, en s’éloignant des centres urbains. Afin de réguler ce secteur, l’Etat du Cameroun a mis sur pied des outils de planification urbaine (plans d’urbanisme directeurs, schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme) élaborés à l’instar de ceux utilisés dans les pays développés. Les prévisions y sont simulées avec généralement des hypothèses de croissance démographique et économique. Malheureusement, les villes s’étendant plus vite que les prévisions des plans d’urbanisme, ces outils se sont avérés inefficaces pour deux types de raisons : inadaptation des moyens mis en place et carences institutionnelles. Il faut à cet effet préciser que non seulement les plans d’urbanisme ont été copiés sur ceux utilisés dans les pays développés sans tenir compte des ressources mobilisables, de l’environnement sociologique, mais aussi les carences telles que le manque de personnel technique qualifié dans les collectivités locales,le faible taux de délivrance des documents officiels, les procédures foncières trop longues et complexes. Autant d’éléments qui freinent la mise en œuvre desdits plans.

Avec l’avènement des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS), la planification urbaine a donc été remplacée par l’urbanisme des lotissements. Cette pratique qui est la mise en place de parcelles à travers les grandes villes est basée essentiellement sur une logique de marché au profit de l’agence d’aménagement. Cette orientation a entrainé de fâcheuses conséquences sur l’habitat comme les carences en infrastructure et la dégradation du développement urbain. Chacun de ces obstacles impose des coûts considérables aux activités du secteur privé. En effet, les activités économiques urbaines sont fortement tributaires des réseaux techniques. Notamment des réseaux d’électricité, de télécommunications des routes et de l’alimentation en Eau. De même selon une étude du projet de recherche urbaine pour le développement, la santé des populations urbaines très denses dépend de l’assainissement et de l’approvisionnement en eau potable. Certaines activités, comme les transports urbains, sont particulièrement complexes en raison des effets qu’elles exercent sur la structure et l’encombrement des peuplements, sans parler des coûts élevés qui en résultent souvent. Le fait qu’elle soit négligée depuis longtemps a des conséquences graves, même si elles ne sont pas toujours immédiatement visibles. De nombreux pays africains paient le prix de cette situation. En Tanzanie par exemple la réduction des investissements de l’Etat dans le domaine dans l’infrastructure a été beaucoup plus prononcée. Au niveau des villes, le manque d’eau potable et les carences de l’assainissement et de l’évacuation des déchets se retrouvent au centre des préoccupations. Au Congo Démocratique, les services d’infrastructure urbaine ne sont offerts qu’à moins de la moitié de la population. Autant de services qui devaient être définis à la base dans les projets de lotissements confiés aux agences immobiliers. En l’absence d’un cadre règlementaire, l’on s’interroge s’il ne faudrait pas que l’Etat reprenne ses missions dont la structuration du plan d’urbanisme.

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