Immobilier : les prix en forte hausse au Royaume-Uni, Brexit et taxe pèsent

 

Il va être de plus en difficile de se loger au Royaume-Uni. Selon les relevés du spécialiste du crédit immobilier Halifax, les prix immobiliers y ont en effet enregistré en mars leur plus forte hausse depuis sept mois. Désormais, en valeur glissante annuelle, leur augmentation est supérieure à 10% pour la première fois. Une telle hausse n’avait pas été observée depuis la mi-2014.

Après un tassement de 1,5% en février, les prix moyens ont progressé de 2,6% en mars, tandis que les analystes tablaient en moyenne sur un rebond limité à 0,7%.

En rythme annuel, sur les trois premiers mois de 2016, les prix immobiliers ont augmenté de 10,1%, ce qui ne s’était plus vu depuis la période mai-juillet 2014.

Selon Halifax, la hausse est consécutive à un déséquilibre important entre l’offre et la demande.

La semaine dernière, Nationwide, autre établissement de crédit immobilier, avait fait état d’un boom des achats de biens à louer et de résidences secondaires, justifiant le phénomène par une réaction des acheteurs avant l’entrée en vigueur d’une taxe.

La Banque centrale d’Angleterre a quant à elle récemment mis en garde sur le fait que le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (Brexit) puisse renchérir le coût du crédit et affaiblir davantage la livre sterling.

Selon le comité de politique financière de la BOE présidée par le gouverneur Mark Carney, une incertitude exacerbée et prolongée pourrait mener à plus de dépréciation de la devise nationale et affecter le coût de financement que devront supporter de nombreux emprunteurs britanniques.

Depuis le début de l’année, la livre sterling est descendue à son plus bas niveau de sept ans contre le dollar. Les marchés s’attendent à une très forte volatilité de la devise jusqu’à la date du référendum fixée au 23 juin prochain.

Parallèlement, la BoE a décidé de resserrer son contrôle de crédit envers les propriétaires, recommandant aux banques de s’assurer de prendre en compte les nouvelles règles fiscales lorsqu’elles évaluent des demandes de prêts, d’examiner les revenus des propriétaires, et de veiller à ce que les revenus de location soient suffisants pour couvrir un taux de prêt hypothécaire d’au moins 5,5%.  Ce durcissement devrait réduire de 10 à 20 % les approbations de prêts hypothécaires dans les trois années à venir.  En très forte hausse ces dernières années, les s prêts immobiliers représentent désormais l’équivalent de 200 milliards de livres.