Société immobilière du Cameroun (SIC): Un logement pour tous

 

Cette entreprise publique  a la responsabilité de construire et mettre en vente des logements dits sociaux

La Société Immobilière du Cameroun (SIC) est sans doute l’entreprise camerounaise du secteur de l’immobilier la plus connue dans le pays.  Pour cause, elle est censée apporter la solution  à la  grave crise du logement que connait le pays. De chiffres concordants, il  faut environ 1 million de logements pour satisfaire la demande de plus en plus grandissante dans les principales villes. De ce fait, la SIC multiplie des projets. Olembé dans la banlieue Nord de la ville de Yaoundé  proposera à terme 500 logements. 1175 logements sont en cours d’achèvement à Mbanga Bakoko dans la capitale économique Douala. Le processus d’acquisition est d’ailleurs déjà engagé. En  juin 2014  le Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, Jean Claude Mbwentchou, a procédé à l’installation des responsables du « guichet unique » de vente des logements de la phase pilote du programme gouvernemental de construction des logements sociaux à Douala. Ces logements sont de deux types : T4(3 chambres et un salon) et T5 (4 chambres et un salon). Les prix varient  entre 17 millions et 20 millions de Fcfa.

Une société bien implantée

Société Anonyme (société d’économie mixte), la SIC  détient un capital de 1000 000 000 de Francs CFA détenu entre autres par  L’Etat du Cameroun, les Collectivités Publiques décentralisées,  les sociétés à capitaux publics d’une part, les personnes morales ou publiques de droit privé d’autre part.  Ladite société est régie par des lois et règlements en vigueur au Cameroun sur les sociétés anonymes et sur les entreprises du secteur public et parapublic, ainsi que par les dispositions de l’acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés commerciales et de groupement d’intérêt économique.  Elle est placée sous la tutelle technique du Ministère du Développement Urbain et de l’Habitat. Ses objectifs sont notifiés dans les nouveaux statuts conformes à la loi N°99/016 du 22 décembre 1999 portant statut général des entreprises du secteur public et parapublic, harmonisés avec les textes de l’OHADA. Elle doit procéder en priorité à l’étude et à la réalisation de tous projets et de toutes opérations se rapportant à l’habitat social ; Construire et éventuellement acheter, en vue de la vente au comptant, de la vente à crédit sous toutes ses formes, ou location, tous immeubles à usage principal d’habitation , créer des cités-jardins en consacrant par priorité son activité à l’habitat social ; réaliser en concertation avec tous les autres organismes chargés de l’application de la politique de l’Habitat du gouvernement, soit pour son propre compte, soit pour le compte des tiers, la construction sur tous terrains, des services communs ou équipements collectifs de toute nature (centres sociaux, dispensaires, centre commerciaux, groupes scolaires, bâtiments pour services publics, équipements sportifs, etc.) afférents à tous ensembles, ainsi que le financement total ou partiel des opérations ; entre autres missions.

Une expérience en dents de scie…

Créé en 1952 avec pour objectif de construire entre 100 et 170 logements par an  selon un contrat de performance signé avec l’Etat,  la Sic tiendra son pari jusqu’en 1977.  Au cours de la décade 80-90,  cette performance sera accélérée au point de valoir à la Sic de disposer de près de 9.000 logements dans les villes de Yaoundé, Douala, Garoua, Maroua, Ebolowa et Bertoua. Soit un investissement global de plus de 45 milliards de Fcfa.  Depuis 1991, les termes du contrat de performance Sic-Etat sont voués aux gémonies. Bien plus,  de sources concordantes nombre de logements de la Sic ont été vendus dans l’intervalle,  parfois au marché noir. En plus, 50 % de ces logements sont occupés par une infime partie des 200.000 fonctionnaires que compte le Cameroun et qui ne sont pas toujours les plus nécessiteux. Cette situation  entraîne  la sous-location,  parfois à hauteur de 100.000 Fcfa par mois pour un loyer  de 37 000 Fcfa. Malgré cette situation, il existe tout de même  une procédure pour se voir octroyer le peu de logements sociaux qui existent.  De ce fait, il faut remplir une demande à la direction générale et la  suivre  jusqu’à son aboutissement. A l’issue de la procédure, l’on peut se voir octroyer un loyer dont le prix varie entre 15.000 Fcfa pour un studio d’une chambre à 40.000 Fcfa pour un appartement de 4 chambres. Pour 2 chambres, il faut payer chaque mois 20.000 Fcfa ou 25.000 Fcfa selon la qualité de l’appartement; et 30 000 Fcfa pour les maisons de 3 chambres. Il s’agit évidemment des tarifs appliqués aux fonctionnaires, qui paient un peu moins cher que les autres locataires. Il s’agit surtout des tarifs appliqués directement par la Sic. Mais au-delà de ces conditions  règlementaires  l’octroi d’une maison à la SIC est parfois  sujet de certaines règles peu orthodoxes. Selon certaines informations relayées par les médias, les différentes maisons sont souvent léguées entre les proches d’une même famille ou tout simplement mis aux enchères au plus offrant.